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Une réalité infiniment plus vaste

  • Photo du rédacteur: Noor B
    Noor B
  • 28 nov. 2025
  • 3 min de lecture

J'ai à cœur de partager avec vous un de mes commentaires à un post Facebook, car il déroule ma pensée et ma réflexion philosophique.

"Je vous remercie sincèrement pour votre partage.

Avant toute chose, je voudrais préciser que je respecte profondément votre vécu et la vision que vous en proposez. Mon intention n’est pas de contredire, encore moins de corriger : votre texte a simplement réveillé en moi l’élan d’exprimer ma propre compréhension du sujet, telle qu’elle s’est façonnée au fil de mon expérience.

Ce n’est pas une leçon, seulement une résonance.

Je parle depuis un certain vécu intérieur — j’ai moi-même traversé de nombreuses expériences, dont une en particulier qui m’a profondément bouleversée lorsque j’en suis revenue. Pourtant, malgré leur intensité, je n’en ai jamais fait des vérités définitives sur ce qui “se passerait après la mort”.

Il me semble que beaucoup, touchés par des expériences fortes, en tirent parfois des conclusions hâtives : c’est humain, mais cela ne garantit pas que le vécu corresponde à la réalité ultime.

Mon regard s’est également formé au contact de mon métier : j’accompagne depuis longtemps le corps, la psychologie, les états modifiés de conscience et les mouvements subtils de l’énergie. J’ai vu et entendu des centaines de témoignages — parfois très impressionnants — et cela m’a appris surtout une chose : toute expérience est un phénomène, aussi belle, puissante ou transformatrice soit-elle.

Elle apparaît, elle disparaît, elle laisse une trace, mais elle ne constitue pas en soi une cartographie fiable de l’au-delà.

C’est dans ce cadre que je reçois ce que vous décrivez comme « expérience de l’Absolu ». Son intensité est telle qu’elle a souvent été placée au sommet des vécus spirituels. Elle semble surpasser les EMI, les OBE et bien d’autres explorations subtiles, parce qu’elle est totalement dénuée d’histoire :

pas de corps, pas de narration, aucune empreinte du personnage.

Cette absence totale de forme produit une révérence immense, presque naturelle, et explique son importance dans la littérature spirituelle. Mais cela reste, à mes yeux, phénoménologique — une expérience parmi d’autres, certes radicale, mais pas nécessairement une clé métaphysique.

L’être humain, lorsqu’il est confronté à l’inconnu, cherche souvent à reconstituer un récit pour conserver une continuité. Dire « je ne sais pas » est inconfortable, presque déstabilisant. C’est ainsi que se cristallisent beaucoup de croyances spirituelles : belles, rassurantes, mais pas toujours fidèles à l’expérience directe de la conscience.

C’est aussi pour cela que j’estime que la pédagogie non-duelle du « il n’y a personne » — très utile il y a quelques décennies — n’est plus totalement adaptée à la sensibilité actuelle. Beaucoup ont déjà suffisamment exploré la solidité du moi pour que le discours évolue.

Par ailleurs, les êtres véritablement traversés par le processus d’éveil le disent : il reste toujours une singularité humaine. L’ego ne disparaît pas totalement ; il se réorganise. Ce qui peut maintenir coincé, en revanche, c’est l’attachement à l’expérience de l’Absolu, comme à un refuge subtil permettant d’éviter la descente dans les plans émotionnels, relationnels, humains.

La question devient alors :

Qu’est-ce qui en moi ne veut pas revenir pleinement dans l’expérience humaine ?

Dans l’accompagnement comme dans ma vie personnelle, j’ai vu que la souffrance humaine provient souvent d’une blessure affective profonde : un manque, une absence, une solitude originelle. L’expérience de la présence absolue anesthésie cette douleur de manière si totale qu’on peut facilement en faire une nouvelle identité spirituelle. Mais cela n’ouvre pas nécessairement au mystère ; cela apaise surtout l’angoisse de la finitude.

Si l’être humain percevait vraiment ce qui en lui est éternel — une dimension silencieuse, impersonnelle, sans qualité ni mémoire — cela serait probablement beaucoup moins séduisant que les récits spirituels que nous aimons construire.

L’impersonnel ne garantit ni la continuité du “moi”, ni les retrouvailles, ni la biographie.

Et c’est précisément pour cela que nous nous attachons à nos récits :

ils rassurent, ils consolident, ils donnent forme.

C’est pourquoi chacun pourrait se poser, avec douceur, ces quelques questions :

– Qu’est-ce que je fuis encore de l’expérience humaine ?

– Quel récit suis-je en train de préserver dans le spirituel ?

– Quelle part de ma blessure affective cherche encore un apaisement ?

– Suis-je en train de rencontrer le mystère, ou d’améliorer mon histoire ?

Je crois profondément que le mystère peut être approché, ressenti, ou pressenti — mais jamais totalement saisi. Et que toutes nos représentations, qu’elles parlent d’individualité subtile ou d’absence totale de personne, restent des interprétations humaines d’

."

 
 
 

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