Aller mieux n’est pas s’éveiller
- Noor B

- 4 janv.
- 2 min de lecture
Une confusion majeure dans le discours spirituel contemporain
En observant le fonctionnement de mon entourage, une évidence s’impose avec une clarté croissante : il y a déjà énormément de travail à faire sur soi pour simplement aller mieux, sans même parler de s’éveiller à une autre réalité, au-delà de l’ego.
Cette distinction, pourtant essentielle, est aujourd’hui largement brouillée.
Aller mieux : un chemin exigeant, réel, souvent sous-estimé
Aller mieux n’a rien d’anodin. Cela implique bien souvent de traverser :
un système nerveux en surcharge chronique,
des blessures émotionnelles anciennes et parfois transgénérationnelles,
des mécanismes de défense profondément ancrés,
une identité construite avant tout pour survivre, non pour voir.
Dans cet état, l’ego n’est pas un obstacle spirituel à dépasser. Il est une structure de survie encore active.
On ne transcende pas un ego blessé. On ne “voit au-delà” que lorsque le corps et le psychisme ne sont plus en état d’alerte.
Une vérité rarement dite
Avant toute notion d’éveil, il y a un travail fondamental, souvent invisible :
stabiliser,
apaiser,
réparer,
désamorcer.
Ce processus demande :
de la constance,
une honnêteté radicale envers soi-même,
un courage réel,
et du temps.
Ce n’est ni spectaculaire, ni rapide, ni compatible avec les promesses spirituelles simplifiées ou les raccourcis séduisants.
L’éveil n’est pas une amélioration de l’ego
C’est ici que la confusion est la plus grande.
L’éveil n’est pas :
aller mieux psychologiquement,
devenir plus positif,
se sentir spécial ou “avancé”,
avoir compris quelque chose intellectuellement.
L’éveil survient lorsque le travail d’assainissement est suffisamment avancé pour que l’ego cesse de monopoliser la conscience.
Il ne s’agit pas d’un niveau supérieur, mais d’un changement de plan.
Et ce changement n’est ni souhaitable, ni même accessible, tant que l’ego est encore occupé à maintenir une cohérence psychique fragile.
Pourquoi si peu sont prêts
Ce chemin n’est pas populaire, car il ne flatte rien. Il ne promet ni reconnaissance, ni identité spirituelle valorisante, ni échappatoire à la souffrance.
Il demande de renoncer à :
certaines illusions,
certaines attentes,
certaines narrations personnelles.
C’est précisément pour cette raison que peu y sont prêts — et encore moins disposés à en assumer le prix.
Un regard qui ne juge pas
Si cette réalité apparaît clairement, ce n’est pas par dureté ni distance. C’est parce que certaines couches ont déjà été traversées.
Lorsque l’on connaît la différence entre guérison et réalisation, entre effort psychologique et bascule de conscience, il devient impossible de confondre les deux.
Il ne s’agit pas de convaincre, ni d’enseigner à tout prix. Il s’agit simplement de nommer avec justesse ce qui est.
En conclusion
Aller mieux est déjà un chemin exigeant. L’éveil n’est pas une amélioration de ce chemin — il est d’un autre ordre.
Et cet ordre ne s’ouvre que lorsque le bruit intérieur est réellement retombé.
Ce n’est pas une question de mérite. C’est une question de maturité, de silence, et de disponibilité intérieure.

Noor


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