Quand le feu s’éteint
- Noor B

- 17 nov. 2025
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Il y a eu un temps pour aider,
pour tendre la main, pour vouloir guérir le monde.
Ce temps était juste.
Il m’a permis de reconnaître en l’autre
ce que j’avais moi-même à comprendre.
Chaque geste vers autrui,
chaque mot, chaque soin,
était en réalité une prière adressée à moi-même.
J’appelais la guérison sans le savoir.
Puis un jour, le feu s’est calmé.
Non par fatigue, mais par clarté.
J’ai vu que nul ne pouvait marcher à la place d’un autre,
que l’amour ne s’impose pas,
qu’il éclaire seulement le chemin.
Alors le moteur s’est arrêté,
et dans le silence qui a suivi,
je n’ai trouvé ni vide ni perte,
mais une respiration nouvelle.
J’ai compris que l’on fait les choses
pour comprendre, pour traverser,
et qu’une fois traversées,
elles s’effacent d’elles-mêmes.
Ce n’est pas l’indifférence :
c’est la fin du besoin de se prouver utile.
Ce n’est pas la solitude :
c’est la paix de n’avoir plus rien à sauver.
Je reste là, témoin tranquille,
la main ouverte, sans attente.
Ce qui doit venir vient,
ce qui doit partir s’en va.
Et dans cet espace sans projet,
la vie recommence à circuler,
simple, douce, silencieuse —
comme un feu devenu lumière.


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